TITRE : La guerre de 14 n’a pas eu lieu
AUTEUR : Alain GROUSSET
EDITIONS : Flammarion

Résumé

1914 L'attentat de Sarajevo Echoue.
La guerre est évitée. La suspicion règne à travers l'Europe.
Les armées figent leurs positions, construisent deux lignes de défense infranchissables.

2014 Les deux murs sont toujours là.
La France et l'Allemagne sont repliées sur elle-mêmes. Les populations vivent comme au début du XXe siècle. Constance, parce qu'elle parle allemand, est au coeur d'une mission d'espionnage qui lui fait traverser les frontières. Elle se bat pour retrouver un monde libéré du joug des armées et dans lequel les hommes sont libres et égaux.

Parviendra-t-elle par sa volonté farouche à renverser le cours de l'histoiere ?

Mon avis

Lorsque j’ai vu ce livre sur d’autres blogs, j’ai tout de suite flashé : sur le titre et sur la couverture. Alors, lorsque j’ai su qu’Alain Grousset serait aux Imaginales d’Epinal, il n’était pas question que je parte sans voir l’auteur et ce livre dans ma besace… D’ailleurs, petit clin d’œil à la naissance de ce roman qui m’a été raconté par l’auteur. Cette uchronie a été désirée par la maison d’éditions quelques mois après qu’elle eut demandé à l’auteur d’arrêter une saga uchronique (oui ce n’est pas logique, on est d’accord).

Ce livre n’est pas très épais et peut être lu par les ados sans soucis. L’auteur nous fait découvrir un monde dans lequel la première guerre mondial n’a pas eu lieu. L’archiduc François Ferdinand et son épouse ont échappé à l’attentat qui aurait dû leur coûter la vie et mettre en marche le jeu des alliances, déclencheur de la guerre. Résultat, en 2014, l’Europe n’existe pas. Des murs (sorte de No man's land) ont été bâtis aux frontières des pays. En 100 ans, il y a eu quasiment aucune évolution. Les femmes ont réussi à avoir le droit de vote que depuis peu et juste pour des élections minimes. Quant au travail, n’en parlons pas… Les villes ne sont pas valorisées, bref rien n’a changé. Le TGV existe mais ce n’est pas un Train à Grande Vitesse mais un Train à Grande Vapeur…

On suit le parcours de Constance. Cette jeune femme veut réussir dans la vie, désire se libérer des chaînes qui la maintiennent prisonnière dans son statut de femmes, et par-dessus tout elle considère ces « murs » aux frontières comme inutiles, les maintenant dans l’ignorance et renfermer sur eux-mêmes.

Ce que j’ai vraiment aimé dans ce récit, c’est la leçon qui en découle. Certes la guerre de 14 a été une horreur. Des millions d’hommes sont morts sur le front. De la fin de cette guerre, a découlé une seconde horreur, une autre guerre, celle de 40. Et c’est à la fin de cette guerre que la société a connu une évolution flagrante. Sans ces faits historiques, notre vie serait très différente et peut-être pas en mieux. Nos mémoires sont marquées par ces horreurs pour des générations. Constance, elle, vit dans un pays terrorisé à l’idée d’une guerre. Un pays qui a décidé de se refermer sur lui-même. Et dont les voisins vivent de la même façon… L'humain doit s'ouvrir aux autres pour pouvoir évoluer !

Alain Grousset a une plume adapté à tous. Le combat de Constance est dangereux mais l’auteur a une façon de tourner le récit qui peut convenir aux ados (enfin ceux qui aiment l’Histoire et ce qui en découle). En tant qu’adulte, il est vrai que je désire en savoir plus et que j’aurais aimé un récit plus développé. Mais c’est en connaissance de cause que j’ai acheté ce roman !

Ce fut une très bonne lecture et je pense me procurer d’autres ouvrages d’Alain Grousset , notamment ceux Jeunesse pour mon fils aîné (évidement, il faudra que maman les lise avant, on ne sait jamais). ;)

Extrait
« Constance se délectait en traversant une partie de la France à une allure qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Le train s‘arrêta quelques minutes à Reims pour changer de locomotive, puis repartit pour Paris. La jeune femme s’assoupit pour se réveiller dans les faubourgs de la ville. Quelques minutes plus tard, elle descendait du TGV. Elle était à Paris, pour la première fois de sa vie.
Juste au sortir du quai, de grandes grilles en fer forgé barraient le passage. Deux portes étaient ouvertes, mais servaient de guichets de contrôle à la police. Chaque carte d’identité était vérifiée. Constance dut patienter une bonne dizaine de minutes avant que son tour n’arrive. Le policier la dévisagea, puis examina ses papiers.
- Le but de votre voyage, mademoiselle ?
- Un rendez-vous professionnel, répondit-elle.
L’homme la fixa comme si elle venait de proférer une insulte. Comment une femme pouvait-elle travailler ? Presque à regret, il lui rendit sa carte d’identité, sans rien ajouter.
Constance s’éloigna dans le hall, persuadée que l’agent de police lui transperçait le dos avec son regard noir et inquisiteur. »

La guerre de 14 n'a pas eu lieu

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