TITRE : Phobos
AUTEUR : Victor DIXEN
EDITIONS : Robert Laffont, Collection R

Résumé

Dans un futur proche. Le fonds d’investissement privé Atlas a racheté la Nasa avec l’intention affichée de relancer la conquête spatiale grâce au programme de téléréalité le plus ambitieux de tous les temps : le programme Genesis.

Six filles et six garçons âgés de 17 à 20 ans ont ainsi été sélectionnés pour établir la première colonie humaine sur Mars. Ils sont en pleine santé,assoiffés d’aventures,parfaitement entraînés pour la mission qui les attend. Ils effectueront en aller simple les six mois de voyage à destination de Phobos, la lune de Mars. Avec un objectif : trouver le partenaire avec qui enfanter, sous l’oeil inquisiteur des caméras qui filment le vaisseau 24 heures sur 24.

Ainsi commence un show d’une ampleur jamais vue. Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer.

Mon avis

Lorsque j’ai su que ce roman serait aux Imaginales avec son auteur, il est entré directement dans ma WL !! Et je n’ai pas hésité à patienter un peu pour me le faire dédicacer par l’auteur, très sympathique, qui s’est prêté au jeu des photos avec ses lecteurs… La couverture est très sympathique, sombre et lumineuse à la fois. Le thème de Téléréalité m’a intrigué ! Est-ce une façon pour l’auteur de se moquer un peu de certains de nos programmes TV ? Il faut dire qu’on se demande ce qui n’a pas encore été inventé ! Oh, peut-être une téléréalité dans l’espace !

Je n’avais encore jamais lu d’ouvrages de Victor Dixen et je peux d’ors et déjà dire que je vais vite me rattraper… Cet auteur a une plume extraordinaire et une sacrée imagination ! Ce que j’ai aimé : on reste dans un monde « normal » ou presque. Certes, dans le roman, les Etats-Unis sont très endettés au point de devoir revendre la NASA à une compagnie privée, mais il n’y a pas de fantastique. En fait, si ce style de récit devrait réellement arriver, ça ne m’étonnerait même pas !

Je n’en dirais guère sur l’histoire en elle-même, le résumé est bien conçu pour cela. Les personnages sont attachants, parfois énervants, certains cachent leur jeu, d’autres sont foncièrement mauvais… Tout ne tourne pas autour des 12 prétendants ! Dans le vaisseau, le lecteur est témoin des activités du vaisseau soit grâce à Léonor (une partie du récit est à la 1ère personne), soit grâce aux caméras et ce qui est rediffusé en direct sur Terre. En parallèle à ce qui se passe dans le vaisseau (dans 90% des cas, on ne voit qu’uniquement du côté des filles en plus des speed-dating), le lecteur apprend à comprendre ce qui ce passe dans les coulisses en suivant les organisateurs du programme Genesis et on s’aperçoit vite que le voyage risque d’être mouvementé… Enfin, on fait la connaissance d’Andrew, fils d’un des instructeurs de Genesis qui est décédé peu de temps avant l’envol des prétendants, qui, au fil de ses recherches, s’aperçoit que tout n’est pas clean chez Genesis – impression confirmé avec la découverte d’un second mort lié au programme.

Bref le lecteur est amené sur 3 pistes de lecture, toutes liées les unes eux autres. Il y a des sentiments (amoureux ? difficile à dire), des secrets, du mystère, une enquête, et la fin est une explosion… mais il n’y a plus rien écrit après la 432ème page !! Et me voilà frustrée de devoir attendre la sortie du tome suivant.

J’ai omis d’ajouter que j’ai apprécié la présentation du récit. L’auteur a coupé le roman en actes comme au théâtre, ce qui rappelle sans nul doute la mise en scène de cette téléréalité.

Ce fut une excellente lecture, dévorée en peu de temps, et un très joli coup de cœur !

Extrait :
« Bienvenue à la maison, les filles ! »
La voix de Serena est si nette que je m’attends presque à la trouver en chair et en os au bout du tunnel, dans le compartiment de vie.
Elle n’est pas là, bien sûr, mais ce que je découvre me coupe le souffle tout autant.
« Génial ! hurle Kelly. On se croirait dans une cabane de bûcheron canadien – en version pour riches ! »
Le comble, c’est qu’elle a raison. Le tunnel perce le plancher d’une pièce circulaire d’une quarantaine de mètres carrés, entièrement lambrissée de bois de pin naturel – rien à voir avec le plastique blanc de la cellule de confinement où nous avons passé notre dernier mois de formation, dans la vallée de la Mort. Trois lits superposés en métal brossé sont chevillés au sol de cette chambre, tout autour de la trappe par laquelle nous sommes arrivées. Des couvertures de cachemire fines et chaudes sont fixées aux draps par des bandes de velcro pour résister à l’apesanteur. Chaque lit est surmonté d’un dôme de caméra et d’un écran haute résolution affichant diverses scènes terriennes : coucher de soleil sur une montagne enneigée… troupeau de biches broutant dans une clairière semée de pâquerettes… et, bien sûr, mer clame au clair de lune où nagent des dauphins. Pas difficile de deviner qui a programmé les images sur les écran !

coup de coeur

 

Phobos