TITRE : Fifine, La Bas-Alpine
AUTEUR : Georges TERLON
EDITIONS : Nelson District

Résumé

La jolie Fifine a toute la fougue et l'impertinence de sa jeunesse pour elle au lendemain des années de guerre.

Fille du maire d'un petit village des montagnes, elle a grandi au milieu des garrigues et des moutons. Attirée par la ville et les joies du mariage, son retour au village n'en sera que plus fracassant.

Gare aux hommes, au curé et aux commères, ce ne sont pas une vulgaire canalisation d'eau ou un imposteur quelconque qui vont l'arrêter.

Et les mystères ne font que commencer.

Mon avis

Je remercie les Editions Nelson District de m’avoir proposé ce Service Presse qui m’a permis de retrouver mes racines…

Fifine, La Bas-Alpine est un pur roman du terroir, un pur produit du midi, un pur trésor provençal. J’ai apprécié que l’auteur plante le décor au premier chapitre en présentant les différents protagonistes de ce récit, leur milieu et leurs surnoms. J’ai pris un immense plaisir à lire le patois provençal (traduit je vous rassure) mais ça m’a rappelé les anciens de ma ville lorsqu’il discutait… même si ce n’est pas le même que celui qu’emploi l’auteur. Bon c’était il y a pas mal d’années. A présent il est difficile de trouver quelqu’un parlant ce patois et le comprenant. Moi-même, je n’ai gardé en mémoire que quelques expressions.

J’ai trouvé attachant certains personnages : Fifine certes, mais aussi son père le maire, le curé Gauridan ou encore le Jules. Ma première impression en débutant cet ouvrage fut l’étonnement face au nombre de protagonistes. Mais chacun a son rôle, petit ou plus conséquent. Le récit est simple et pourra paraitre justement trop simpliste pour certains lecteurs mais personnellement j'apprécie : 1945, Fifine est une jeune femme qui collectionne un peu les aventures mais qui rencontre un médecin et va se marier. Or, le jour du mariage, la belle se retrouve seule devant la mairie… On assiste alors à une petite enquête et le rapprochement de la jeune femme avec Jean, venu au village pour faire des travaux et amener l’eau courante dans les chaumières. Le lecteur vit cette vie de village en même temps que les personnages. Le moindre petit, tout petit évènement, est raconté de sorte à ce qu’il prenne de l’ampleur et fasse partie du récit.

Le récit est mignon. On se laisse entrainer par Fifine et par Jean… On se pose beaucoup de questions sur certaines choses et au final nous n’avons guère de réponses. C’est un peu dommage… Qu’il y a-t-il exactement entre Jean et Josette ? (même si on s’en doute, rien n’est confirmé). Qui est ce docteur Lamotte en cure ? Pourquoi Fifine a une attitude étrange à la fin ?

Durant 97 pages, on s’imprègne de cette vie simple dans la campagne alpine en 45. L'auteur nous permet une insertion dans ce village avec simplicité. On sourit de voir les intrigues se former et les attitudes des personnages. On aurait presque pu se croire dans un livre de Pagnol (j’adore cet auteur). Je vous conseille cette lecture rapide qui prête à sourire et fait passer un excellent moment.

Extrait :
« - Ce n’est certainement pas ce nuage qui va nous arroser.
Il faut bien reconnaître qu’en disant cela, il ne se mouille pas.
Acò es di ! (C’est la voix de crécelle de l’Albertine qui ne semble pas d’accord.)
Montrant l’imposante masse rocheuse qui abrite généreusement le village des attaques parfois violentes du mistral elle explique.
- Ecoutez ce bruit, Monsieur le Curé ! Vous entendez gémir la roche ? On dit qu’elle souffle. Et lorsque la roche souffle, ce n’est pas sous l’effet du mistral qui lui nous assure le soleil, c’est le vent de la mer qui s’engouffre dans la barre. Et le vent de la mer c’est toujours la plui. Iéu ai pas besoun d’un pendori per saupre que vai railla. (Je n’ai pas besoin du pendule pour savoir qu’il va pleuvoir.)
Gauridan persiste dans sa foi en la radiesthésie.
- Le pendule est catégorique : c’est non ! Il ne pleuvra pas.
Enfin tranquillisé, le groupe se disperse. Gauridan donne l’exemple, il part vers la chapelle de Dromon. Le vent d’Est continue d’amonceler une couverture menaçante. »

Fifine la Bas-Alpine

 

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