TITRE : La Maison dans laquelle
AUTEUR : Mariam PETROSYAN
EDITIONS : Monsieur Toussaint Louverture

Résumé

Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d'avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l'amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l'existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s'écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l'idée de devoir la quitter.
Ensorcelante évocation de l'adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d'amour à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et réaliste, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d'affronter la brutalité du monde qu'on appelle la réalité.

Mon avis

La Maison dans laquelle n'est pas un roman à mettre dans les mains de n'importe qui !
La Maison dans laquelle est un roman difficile tant à lire qu'à comprendre.
La Maison dans laquelle a un univers comme je n'en ai jamais vu auparavant (et pourtant je cumule plus de 20 ans de lecture derrière moi) !
Mais pourquoi j'ai mis 4 étoiles sur Babelio : pour la simple raison qu'il faut fournir un sacré travail pour arriver un tel ouvrage et, ça, c'est impossible de ne pas en tenir compte. Est-ce que ce livre m'a plu ? Sincèrement je n'en sais fichtrement rien !
J'ai mis au moins 150 pages pour cerner une partie du concept et m'attacher aux personnages (enfin si attacher est le bon mot, car des paires de claques se perdent pour certains).
L'auteur a mis 10 ans a écrire ce roman et si on m'aurait dit plus, je n'aurais pas tilté, car quel boulot !

Le récit en lui-même n'a pas de véritable intrigue, pas de grandes actions ni de belles histoires d'amour. J'ai eu l'impression de lire un témoignage au travers de divers personnages. On entre dans La Maison qui n'est autre qu'un foyer pour enfants handicapés physiques. Je ne sais pas quand ni où a lieu ce récit mais je miserais sur les années antérieures à 1980 car l'état des lieux décrit fait froid dans le dos.
Dans la Maison, les enfants n'ont plus de noms mais des surnoms : L'Aveugle, Sphinx, L'Eléphant, Beauté, Loup, etc... Ils se sont construits une société à l'intérieur des murs de la maison avec des groupes, des chefs, des règles, des peurs, des légendes, etc... Même si ces jeunes ont des handicaps physiques, ils ne sont pas des anges pour autant. Il y a des morts, des fantômes qui parcourent les couloirs de la Maison.
L'auteur varie du présent du récit au passé. Durant plusieurs chapitres, on suit l'Aveugle, Sphinx, Bossu, Larry, Fumeur et les autres dans un pseudo présent, parfois à la 1ère personne ou alors à la 3ème personne. Puis, nous avons des chapitres concernant le passé avec quelques pseudos identiques comme l'Aveugle, d'autres qui seront modifiés, ou d'autres qui ont disparu durant les épisodes du présent. Le passé nous permet de comprendre des scènes du présent, et les allusions du présent, celles du passé. Quelques fois on se perd dans les méandres des pensées des personnages, c'est perturbant. Certains y verront de la poésie, d'autres de la folie ou encore de l'imcompréhension totale ! C'est à se demander si l'auteur n'a pas écrit une sorte de biographie !

La fin est étrange. J’ai ressenti une certaine maturité chez quelques jeunes… La sortie de la Maison ne s’est pas fait sans accident. Et d’ailleurs certaines de mes interrogations sont restées en suspend. Avec un livre de près de 1000 pages, c’est surprenant !
Je ressors perplexe de cette lecture. Qu'a voulu démontrer l'auteur ? Les conditions difficiles et parfois inhumaines de ces enfants sains d'esprit à leur entrée mais qui peuvent rapidement basculer dans la folie ? Le développement de l'esprit d'un enfant qui n'a aucune référence externe à laquelle se raccrocher ? La possibilité de l'être humain, quelque soit l'âge, de concevoir une société avec ses règles et ses leaders ?
Quoiqu'il en soit, on ne ressort pas indemne de ce genre de lecture. Ça donne à réfléchir...

Extrait :
Il s’arrêta. Il ne s’appelait pas Ralf. Dès le début, il avait détesté ce surnom en forme de prénom, précisément à cause de ça. Il aurait préféré être baptisé Cabot ou Mimosa, n’importe quoi ressemblant à un sobriquet, plutôt que se voir attribuer un prénom qui peu à peu prenait la place du sien. Et peut-être était-ce justement pour cette raison, parce qu’il haïssait « Ralph », que ce surnom lui resta si longtemps. Ses parrains étaient partis, tout comme ceux qui étaient encore des petits à cette époque-là. Même ceux qui n’étaient pas encore dans la Maison au moment de son baptême avaient eu le temps de grandir et de changer, alors que lui, il restait irrémédiablement Ralf, voire une simple lettre, une initiale, parfois suivie d’un chiffre. Cette lettre, c’était pire que tout.

La Maison dans laquelle

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