TITRE : Le Manoir
AUTEUR : Emma CAVALIER
EDITIONS : France Loisirs

Résumé

Pauline, jeune archiviste, est chargée de mettre de l’ordre dans les documents d’une demeure consacrée depuis un siècle à des pratiques sadomasochistes. C’est l’occasion pour elle de découvrir un monde étonnant au travers des archives, et au travers d’une expérience bien réelle avec son employeur, Julien.

Mon avis

Je remercie Alexandra pour m’avoir proposé ce service presse et me faire ainsi découvrir un genre littéraire que je ne connaissais pas trop hormis sous forme de nouvelles.

Je dois dire que l’érotisme, je l’apprécie que lorsque la plume est « poétique ». Les scènes crues avec violence et juste sexuelles ne m’intéressent pas. Le Manoir est un véritable récit avec de vrais personnages dans le sens où l’auteur nous fait part de leurs pensées, de leurs interrogations, de leurs faiblesses même.

On fait connaissance avec Pauline, jeune archiviste fraîchement diplômée, qui se voit offrir un job dont la profession rêve : un classement en bonne et due forme de toutes les archives du Manoir, résidence réputée dans le milieu sadomasochiste. Lors de son entretien, elle fait la connaissance de Julien, actuel propriétaire de la demeure, bel homme qui lui propose un supplément dans son salaire et contrat en lui faisant découvrir certains plaisirs. Pauline dont on sent le caractère affirmé, accepte et la voilà plongé dans ce milieu qui lui est inconnu et dont elle va plus que bien s’adapter. En parallèle, elle découvrira le passé de ce manoir et de ces anciens occupants dont un secret bien conservé.

La plume est vraiment bien maitrisée. J’ai été happée par l’histoire au point que la place du sadomasochisme, même si elle est constamment présente, m’a paru « normale ». Je n’ai pas été surprise par les scènes tant elles sont bien amenées. La description passe surtout sur les sensations et les pensées de Pauline. Sa relation avec Julien est très particulière et se solidifiera avec le temps. La jeune femme découvrira ce qu’il cache derrière sa carapace et son passé. Autre point positif, les scènes sadomasochistes ne sont pas répétitives, elles sont toutes différentes et Pauline y trouve certes son plaisir mais sans cesse renouvelé. Enfin, l’intrigue est entrecoupée d’extraits de dossiers, d’archives ou de témoignages recueillis par Pauline ce qui permet au lecteur de découvrir certains secrets et le passé du Manoir.

Je n’ai pas lu la fameuse saga de Cinquante nuances de Grey pour la simple raison que l’héroïne vierge qui découvre le sadomasochisme me freine beaucoup. Ici, Pauline est une adulte avec son passé. Elle n’est pas novice sexuellement parlant. Il est certain qu’avec ce qu’elle va découvrir, il vaut mieux être ouvert d’esprit et très libertin.

Pour conclure, je dirais que j’ai été très agréablement surprise par cette lecture qui m’a fait changer d’opinion sur le genre érotique. La plume de l’auteur est riche et m’a fait m’attacher aux personnages, on sent des personnes entières derrière chaque situation. On pénètre dans un univers avec des règles mais où seul le plaisir est de mise. Je crois savoir qu’une suite existe, donc, ce sera certainement une future lecture. J’espère que France Loisirs la mettra dans son catalogue prochainement.

Extrait
Le week-end fut un véritable supplice, mais je parvins à tenir bon. Conformément à ses instructions, je ne rentrai au Manoir que le lundi matin, et je repris mon travail dans mon bureau toujours dans la tenue qu’il m’avait imposée, en jupe courte et les fesses à l’air, et dans un état d’excitation pratiquement insoutenable. En fait, cela avait été surtout angoissant les premières heures, puis j’avais fini par m’y habituer. À la fin, je jouais avec ma propre crainte d’être découverte, écartant sensiblement les cuisses sous la table d’un bar en terrasse, espérant presque qu’un passant à l’œil plus baladeur que les autres percerait à jour mon secret indécent. Ensuite dans mon imagination, cet inconnu au regard lubrique me prenait par la main et me conduisant dans une contre-allée ou une porte-cochère, fourrait ses doigts dans mon intimité, me retournait contre le mur râpeux, me pénétrait brutalement, en ahanant de plaisir et sans avoir prononcé un seul mot.
Mais rien de tout cela ne s’était produit, et le lundi soir, convoquée par mon maître à vingt-deux heures dans sa chambre, je me présentai avec un désir brûlant et intact.

le-manoir,-tome-1

En partenariat avec

Logo_FranceLoisirs_Quadri