TITRE : Les amants de Troie
AUTEUR : COLLINS Natacha J.
EDITIONS : Harlequin

Résumé

Troie, Asie Mineure
Dans une cité en crise, assiégée depuis neuf ans par les Grecs, Aleiria, fille de l’orfèvre royal, n’a pas le choix : elle doit accepter la présence d’un garde du corps à ses côtés. Mais Dareios ne ressemble à personne qu’elle a connu. Cette troublante franchise, ce regard qui semble lire en elle… Avec lui, elle se sent protégée, et plus encore : comprise, estimée… désirée. Hélas, son père a de plus hautes ambitions pour elle. Il préférerait la voir mariée à l’un des fils du roi Priam, qui lui garantirait richesse et sécurité. Mais dans le chaos qui règne aujourd’hui la sécurité n’existe plus, et le monde dans lequel elle a grandi non plus. A l’heure où l’attaque légendaire du cheval de Troie se prépare, Aleiria sait qu’il est urgent de vivre pleinement.

Mon avis

Je remercie sincèrement Natacha, l’auteur de ce très beau roman de romance historique, de m’avoir contacté et proposé de lire cet ouvrage riche en émotions. Jusqu’à présent, toutes les romances historiques que j’ai pu lire se passaient soit en Angleterre au 19ème siècle ou dans les Highlands. Aussi j’étais très curieuse de découvrir une histoire sur Troie, cette ville mythique réputée pour son siège et ses personnages mythologiques.

L’auteure a basé son histoire sur Aleiria, fille de l’orfèvre royal, et sur Dareios, simple soldat. Certaines circonstances uniront les deux jeunes gens de rang social différent et leur amour naitra alors que la fin de Troie arrive (mais ça, seul le lecteur le sait). Le fait, justement, de connaître le funeste destin de Troie met un peu la pression au lecteur. Et d’autant plus que l’auteure n’hésite pas à maltraiter ses personnages qui, contrairement à certaines romances, sont loin d’être mièvres. Se mêlant aux personnages fictifs, on retrouve les grands personnages historiques : Hélène, Pâris, Cassandre, Priam, Hector, Andromaque, Achille, etc… et j’ai beaucoup apprécié que l’auteur ne les fasse pas simplement apparaître. Ils côtoient les fictifs. Par exemple, Polyxène, fille de Priam et sœur d’Hector, de Cassandre et de Pâris, est la meilleure amie d’Aleiria. Hector côtoie Alcide, meilleur ami de Dareios. L’auteure ne s’est pas contentée d’écrire son histoire autour de la légende, elle l’a intégré à son récit tout en la respectant. Les grands axes des actions légendaires sont présents et on les voit au travers des yeux d’Aleiria ou de Dareios. Rien n’a été modifié ! La croyance est également très présente : les Dieux grecs ont leur place dans les pensées des troyens !

La romance est joliment tournée. L’action est présente. Et surtout, le contexte est parfaitement respecté avec la mise en avant de la situation financière de Troie, la misère qui se développe dans les quartiers, le manque de nourriture qui se fait sentir ! Troie est assiégée et on le ressent ! La tension, la crainte, la joie, la tristesse, bref, on passe par toutes sortes d’étapes émotionnelles. La plume est magnifiquement bien maitrisée, descriptive juste ce qu’il faut pour qu’on puisse imaginer la belle ville de Troie. L’émotion est transmise à la perfection. Je dois même avouer que j’avais peur de lire, passé quelques chapitres, de crainte que certains personnages auxquels je m’étais attaché, disparaissent, et encore plus en connaissant la fin tragique de Troie.

Ce fut une magnifique lecture qui comblera les amoureux des romances historiques. Et un coup de cœur !

Extrait :
Sa rêverie s’interrompit : un grondement se faisait entendre. Le sol se mit brusquement à trembler sous ses pieds. Les murs des maisons tanguèrent, comme secoués par de gigantesques mains invisibles. Les dents serrées, la mâchoire contractée, il parvint à rester debout.
Ce la faisait longtemps que la colère de la terre ne s’était pas manifestée. Pas ainsi. Pas aussi fort. Qu’avaient bien pu promettre les Achéens aux divinités pour qu’elles réagissent de cette manière ? Les secousses cessèrent cependant rapidement, presque aussi vite qu’elles avaient commencé.
Le cœur battant, Dareios regarda autour de lui. Des pierres s’étaient détachées des murets, des arbres s’étaient penchés, et des gens étaient hébétés, mais nul ne semblait véritablement blessé. Il aida une vieille femme à se relever, pour la confier ensuite aux bons soins de son époux. C’est alors qu’il entendit des appels au secours venant du quartier des artisans, un peu plus loin. Il s’y précipita sans attendre. Des hennissements furieux mêlés à des voix humaines retentissaient de plus en plus fort à mesure qu’il approchait.
Par Arès !
Un cheval bai, l’écume aux lèvres et les yeux fous, se cabrait avec tant de fougue qu’on l’aurait cru possédé. Il menaçait de ses sabots une jeune femme, qui faisait elle-même rempart de son corps à un enfant blotti entre ses bras.

coup de coeur

les amants de troie