TITRE : Un manoir pour refuge
AUTEUR : Ena FITZBEL
EDITIONS : Rebelle

Résumé

Élève au lycée français de Prague, Mila vit chez sa grand-mère depuis la disparition de ses parents.
Chaque nuit, elle fait ce rêve étrange et rassurant d’un manoir perdu au fin fond de la lande écossaise. Elle y retrouve une amie chère à son cœur et rencontre Kenneth, un mystérieux jeune homme dont elle tombe amoureuse.
Un jour, lors d’un atelier de dessin-écriture, Mila révèle à sa classe l’existence du manoir. Le soir même, se trouve bouleversé le rêve qu’elle croyait immuable : elle découvre que ses camarades du lycée se sont glissés dans la peau de nouveaux domestiques.
Mila doit se rendre à l’évidence : son rêve n’est pas comme les autres. Les frontières entre fiction et réalité finissent par se brouiller : alors qu’une domestique est assassinée au manoir, une camarade de classe ne se réveille plus… Mila est cependant loin d’imaginer la véritable nature de ce qui pourrait devenir un vrai cauchemar.
Commence alors une course contre la montre pour échapper à l’emprise du manoir, mais Mila ne sait si elle pourra se résoudre à abandonner Kenneth…

Mon avis

Je remercie les éditions Rebelle pour leur confiance renouvelée avec la réception de cet ouvrage d’Ena Fitzbel dont j’avais découvert la plume avec Le dernier métro pour Artala. Un petit mot pour la couverture : j’aime bien le rendu car ça annonce de suite l’univers sombre dans lequel on va plonger.

Une nouvelle fois, je suis restée très surprise de l’imagination de l’auteure. Mila vit à Prague et est lycéenne. Avec ses amis, elle fréquente l’atelier dessin-écriture de son lycée. Avec sa meilleure amie, Tif, elle présente une nouvelle intitulée Un manoir pour refuge. Ce qui apparaît comme un récit à l’intérieur d’un roman va s’avérer être étroitement lié. Et ce n’est qu’au fil de sa lecture que le lecteur s’en apercevra. En effet, Mila a retranscrit dans sa nouvelle ce qu’elle vit chaque nuit dans ses rêves, à savoir, sa vie dans la peau d’Elsa, meilleure amie de la fille de la châtelaine Heltington. Mais, au fil des pages, on s’apercevra que Mila n’est pas la seule à vivre ce rêve. D’ailleurs est-ce juste un rêve ?

Les personnages sont intéressants et l’avantage c’est que la narration est extérieure. Du coup, l’auteure nous permet de suivre certains d’entre eux même si Mila/Elsa reste au centre du récit. Mais j'ai eu un peu plus de mal à m'attacher à ses personnages car ils restent bien mystérieux dans l'ensemble et ne s'ouvrent guère. Le lecteur passe de Prague au Manoir et ce qui paraît être une double histoire se fondra en une seule. La plume est agréable à lire et l’auteure sait vraiment surprendre !

J’avoue qu’au fil de ma lecture, je suis restée très surprise des révélations. Je ne m’y attendais absolument pas. L’auteure ne laisse pas vraiment d’indices ou si minime qu’on n’y fait pas attention. Je suis allée de surprise en surprise et quand j’ai terminé le livre, immédiatement, des questions me sont venues à l’esprit. Car je reste persuadée que le manoir n’a pas révélé tous ses mystères. Certains personnages ont des attitudes étranges, ils cachent quelque chose. Bref, seule la suite pourra assouvir ma curiosité car il m’est impossible de faire de simples suppositions ce qui est très rare pour ma part. Pour une fois, je peux dire que ça m’en bouche un coin ! Je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer…

Pour conclure, Un manoir pour refuge fut une bonne lecture, surprenante et agréable. Une expérience à renouveler sans hésitation.

Extrait :
- Ainsi, vous vous êtes rencontrés à l’Impérial College ? demande Ian, dont la voix rassurante étouffe le silence.
- Nous suivons les mêmes modules d’ingénierie, explique Bridget. N’est-ce pas Elsa ?
Le sort s’acharne sur Elsa. Il ne veut pas la laisser tranquille. Voilà maintenant qu’il lui faut parler ! Elle sait d’avance que sa prestation sera catastrophique, mais elle n’a pas le choix. À défaut d’être belle, elle va devoir être intelligente : vu son état d’épuisement, ce n’est pas gagné !
- Oui, répond-elle en levant le nez de sa tasse. Nous avons fait connaissance il y a six mois, au club musique. Nous avons sympathisé. Puis, nous avons découverte que nous étions inscrites dans le même module d’aéronautique.
- Vous avez eu de la chance d’avoir été admises dans cette université, dit Ian. J’y ai moi-même fait mes études de médecine et…
Maintenant que tous les regards se sont tournés vers Ian, Elsa a tout le loisir de l’observer. Il est si différent de son jeune frère. Épanoui, plein d’assurance, avec un large sourire qui a élu domicile sur son visage carré, il incarne la plénitude de la quarantaine.

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