TITRE : Intrigue au manoir des Boissac
AUTEUR : Philippe FUZELLIER
EDITIONS : Mon petit Editeur

Résumé

Noam Malher, orphelin, a trouvé un point de chute familial en se mariant avec Isabelle Boissac. Le père d'Isabelle, Marc-Henry Boissac, écrivain notoire, meurt dans son manoir, victime d'une crise cardiaque, laissant une fortune très importante. C'est Noam, ce brave garçon, qui va révéler l'existence d'une menace terrifiante qui pèse sur chaque membre de cette famille. Non, le manoir n'est pas hanté, mais ses occupants le sont par une incroyable histoire très intrigante, au cur de laquelle, au manoir des Boissac, tout le monde va subir une oppression. Mais pourquoi cette menace, et qui sévit sur toute une famille ?

Mon avis

Une nouvelle fois, je me suis plongée dans un roman de Philippe Fuzellier, l’une de ses dernières parutions, un polar étrange et original puisque le début du récit est raconté par la victime elle-même sans toutefois conserver la première personne par la suite.

L’histoire met en avant la famille des Boissac au travers des yeux de Noam Mahler, orphelin, travaillant dans la gestion du patrimoine, et décédé, soi-disant, d’une rupture d’anévrisme. Noam rencontre Isabelle Boissac, la fille ainée dont il tombera amoureux. Ensuite, il entrera dans cette famille et s’intègrera avec facilité. Le père Marc-Henry Boissac est un célèbre écrivain. La mère, Rosalie, est bipolaire. Ajoutons trois autres enfants, le curé et le médecin de la famille, et nous avons quasiment la totalité des protagonistes de ce récit. Le décès de l’un d’entre eux (spoiler à éviter donc chuttt…) déclenchera une sorte d’intrigue qui au final s’avèrera être autre chose. A la fin, j’avais l’impression d’avoir assister à une sorte de pièce de théâtre où les personnages fourbes se dévoilent à la toute fin. Si Noam nous présente cette famille avec ses défauts, il ne fait pas toujours de même avec lui-même, et parait ne pas être blanc comme neige.

Je rajouterai qu’il manie l’ironie notamment sur les origines dites juives de Noam ce qui peut faire grincer des dents certains lecteurs… Le protagoniste se moque souvent de lui-même mais le catholicisme n’est pas de reste. D’ailleurs le fait de voir ces trois grandes religions présentes dans le récit, certes de façons différentes, peut nous poser des interrogations sur l’avis de l’auteur à ce sujet. Ensuite, comme tous romans, il faut prendre du recul dans une lecture et ne pas prendre tout au premier degrés.

L’auteur a écrit ce texte en deux parties : l’avant décès de Noam, et l’après décès avec l’enquête quelques mois après sa mort, le jugement en tribunal du présumé coupable. On retrouve d’ailleurs ce genre d’après dans d’autres romans de Philippe Fuzellier, tout comme on reconnaît sa plume. Si ce polar fut intéressant, j’avoue conserver ma préférence pour d’autres romans de l’auteur dont l’évadé de Fleury Mérogis par exemple qui a su plus me toucher.

Extrait
- Alors c’est vous Noam ? Vous êtes tel que je vous avais imaginé, mais vous faites encore plus jeune. Mais dites donc, votre prénom est de consonance hébraïque ?
- Oui, Rosalie. Vous me permettez que je vous appelle par votre prénom. Cela pose-t-il un problème particulier ?
- En fait, il faut que vous sachiez que l’éducation catholique est dans cette maison, et j’y tiens par-dessus tout, une deuxième nature. Nous sommes des fervents pratiquants. J’ai d’ailleurs fait construire une petite chapelle dans le parc. Je vous la ferai voir.
- Pour dire vrai. Je ne suis pas moi-même un grand adepte de la religion. J’ai un profond respect à l’égard des croyants. Et puis vous savez, les Juifs ont de l’humour et savent s’adapter à toutes les circonstances.
- Sauf que je ne plaisante jamais sur ce point sensible.
- Vous ne serez pas indifférente, j’en suis sûr, à l’autodérision.
- Soyez plus précis, Noam !
- C’est un vieux Juif, Rosalie, qui rencontre Dieu en arrivant au paradis et lui confesse que sa pire tragédie sur la terre est d’avoir vécu la conversion au christianisme de son fils.
- Je ne perçois là rien à redire, surtout dans ce sens, rétorqua Rosalie.
- Dieu n’a pas partagé votre point de vue, le saviez-vous ?
- Vous plaisantez ?
- Non. Il lui a répondu qu’il en était désolé. Mais quand le vieux Juif lui a demandé ce qu’il avait décidé pour la suite…
- Qu’a-t-il dit ? questionna avec insistance Rosalie.
- Il a dit qu’il allait rédiger un Nouveau Testament, lui glissai-je ironiquement.

Intrigue au Manoir des Boissac