TITRE : Les larmes d’Ipacheta
AUTEUR : Aurélie Genêt
EDITIONS : Nats Editions

Résumé

Née sous une pluie sanglante, les larmes d’Ipacheta, la princesse Setun est vouée à une destinée hors du commun. Son père, le grand prêtre de la cité-pyramide Atasuyo, en est certain : son sacrifice mettra fin à la terrible malédiction qui s’abat sur le pays.
Mais guidée par une irrésistible soif de liberté et la certitude que son destin doit s’accomplir autrement, Setun s’enfuit à travers la jungle en compagnie de son fidèle loup blanc, d’un mystérieux petit garçon muet et d’une tayra dotée de la parole.
Les larmes d´Ipacheta est un roman fantasy où civilisation précolombienne, animaux extraordinaires, nymphes, esprits et divinités se mêlent… et ne sont pas que des légendes.

Mon avis

Je remercie les éditions Nats pour l’envoi de ce service presse. Le thème de la civilisation précolombienne m’intéresse beaucoup même si je n’en ai plus lu depuis la série Inca d’Antoine B. Daniel. Aussi, j’étais très curieuse de ce que pouvait offrir ce roman.

Tout d’abord, avant même de parler de l’intrigue, il faut préciser que l’auteure a su manier le réel et le fantastique en mêlant les légendes, des créatures anciennes et parfois imaginaires, des récits profonds sur la conception du monde. Elle use de la troisième personne ce qui nous permet de suivre l’intrigue sur deux fronts. À cette époque ancienne, les hommes vénéraient le Soleil et offraient beaucoup de sacrifices. Dans les Larmes d’Ipacheta, les hommes ont commis l’irréparable en massacrant les nymphes vivant dans la forêt. L’une d’elle, Azqui, était la bien-aimée d’Ipacheta, l’esprit de la forêt, qui depuis ne cesse de pleurer son amour perdu. Ses larmes apparaissent sous les traits d’une pluie rouge sang qui détruit les êtres vivants en leur rongeant la peau. Pour faire cesser ce malheur, depuis des générations, la fille ainée du Vapac, est sacrifiée à ses 20 ans.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Setun, princesse et fille ainée de Uacacha, née lors des pluies d’Ipacheta. Les enfants nés à ces moments-là sont protégés et ne subissent pas les désagréments de la pluie. Elle a grandi, isolé dans l’immense palais, avec pour compagnie Pautaec, un aucahuas (qui lit les présages et connaît la volonté des Dieux) qui l’a pris sous son aile, et Chuyo, un loup arboricole aux poils blancs tachés de beige et aux yeux rouges. Le jour de son sacrifice, les larmes d’Ipacheta tombèrent et la jeune femme s’enfuit dans la forêt pour retrouver l’esprit d’Ipacheta et le supplier de faire cesser cette punition à l’encontre de son peuple et des animaux de la forêt. Accompagnée de son fidèle Chuyo, guidée par Llata, une tayra douée de paroles, et de Cuy, un jeune garçon muet à la peau noire, elle va affronter de nombreux dangers mais faire aussi de belles rencontres.

Les légendes sont la source de ce texte. Pourtant une question s’impose : ces légendes ont-elles une part de réalité ou l’auteur les a inventées de toutes pièces ? J’avoue avoir rapidement fait quelques recherches sur Internet. Comme l’histoire se déroule en forêt et qu’une pyramide est présente dans la ville d’Atasuyo, j’ai supposé que Setun est une aztèque ou une maya. Néanmoins, les Mayas étant répartis en de nombreuses cités, j’opterai pour eux, d’autant plus qu’ils étaient adeptes de sacrifices humains. J’attends confirmation de l’auteure sur ce point…
Concernant les récits de l’apparition des animaux et des hommes, les détails de ces légendes sont bien écrits. Ça reste mystérieux tout en étant complet ! La Terre Mère a crée les animaux, les esprits, mais c’est le Dieu Soleil, fils de la Terre, qui a crée les Humains ! Tout au long du récit, on rencontre des esprits comme Lloctus ou esprit du marais, Vicatl, esprit du vent ce qui donne ce côté fantastique au texte.
Je ne pense pas me tromper en affirmant que l’auteure a fait pas mal de recherches notamment sur la faune et la flore de la forêt et les légendes initiales pour s’en être inspirées. En effet, les loups de type arboricole ont existé (enfin, à l'époque de la préhistoire, il existait des loups de ce genre, également ancêtre de félidés, leur physique était très différent de celui du texte), la tayra est une martre à tête grise, etc… Bref, il y a un réel travail derrière l’écriture !

Pour conclure, je peux dire que j’ai passé un excellent moment de lecture. Je me suis plongée avec aisance dans ce texte et il ne faut pas avoir peur des noms qui peuvent sembler barbares au premier abord. Au contraire, je n’ai pas été perdu un seul instant ! Les larmes d’Ipacheta est un roman d’aventures légendaires avec une quête noble : sauver les êtres vivants et faire la paix avec les esprits. La jeune Setun murit au fil de l’intrigue, ses amis aussi, s’apercevant qu’il n’est pas toujours bon de suivre les croyances à la lettre !
Je me suis tout bonnement régalée !

Extrait
- La mort fait partie de la vie, rappela Llata. Vous, hommes la rejetez, ou au contraire la donnez comme quelque chose d’exceptionnel. Vous la voyez tel un mal, nécessaire uniquement pour obtenir les faveurs de votre égoïste dieu. Mais elle est plus que cela. Elle est l’équilibre, celle qui permet que ce monde existe. De chaque corps qui meurt, d’autres tirent la vie par dizaines. Sans doute ici devient-elle plus repoussante car elle s’affiche sans pudeur. Ne la crains pas, apprivoise-la. La mort donne la vie aux marais. Tu comprends quand nous y serons.
Setun baissa les yeux, un peu hésitante, puis releva soudain la tête et s’écria :
- Et Uma ! Que faites-vous d’Uma ? Je n’ai pas peur des marécages, ni de ceux qui y vivent ou y périssent. Mais ignorez-vous donc que le pire des esprits en garde la porte ? Que s’il nous entraîne avec lui, notre âme, au lieu de s’élever pour se joindre à la lumière du Soleil ou de demeurer pour se mêler à la substance de la Terre Mère, erre à jamais dans les profondeurs glauques des eaux mortes ? Qu’en ce lieu ne règnent que froid, ténèbres et souffrance pour l’éternité ? Je ne veux pas qu’Uma nous prenne, qu’il nous attire à tout jamais dans ses sables maudits.

 

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