TITRE : Le Réservoir de Sajuta
AUTEUR : Emmanuelle Amadis
EDITIONS : RISE

Résumé

Des personnages aux passés douloureux et aux démons invisibles qui les dévorent...

Alimenter le réservoir de Sajuta est vital pour que Sehir puisse enfin se relever de la catastrophe qui a bien failli décimer toute sa population.
Calix, lui qui a commis l’irréparable, tente sans relâche de s’amender en cherchant comment le remplir durablement. Paria au sein de son peuple, il est pourtant celui qui trouvera un saju parmi les humains. Cet être qui, par sa nature, parviendra peut-être à les sauver et à permettre au réservoir d’illuminer à nouveau leur monde.
Mais si Sofia est l’espoir d’un monde dont elle ignore tout, à l’instar de Calix, elle a des démons intérieurs qui la torturent et pourraient bien la détruire avant d’avoir accompli le prodige qu’on attend d’elle.
Sofia survivra-t-elle à sa rencontre avec un être qui convoite ses émotions ? Toutes ses émotions ?

Mon avis

Le Réservoir de Sajuta est le premier roman édité par RISE éditions, une nouvelle maison qui est née cette année, composée d’une équipe de cœur et de choc, et dont j’ai la chance d’être partenaire. Ainsi, j’ai découvert cette jolie romance d’Emmanuelle Amadis.

Ce roman mêle habilement le fantasy en mettant en avant deux mondes : Nyka et Sehir. Le premier est celui des hommes, celui où nous vivons. Quant au second, il s’agit d’un univers parallèle où il y a eu une grande catastrophe détruisant la majorité de la population et scindant les survivants en deux groupes très différents. Les dunants sont les descendants des villageois qui vivaient autour du réservoir d’où est provenue la destruction. Ils vivent sous terre dans des galeries que leurs ancêtres ont creusé et accessible par des grottes. Au fil des ans, ils sont devenus quasiment aveugles et ne font guère confiance aux nobles qui ont également survécu, et ce pour de bonnes raisons. Quant aux Nobles, la catastrophe a laissé environ deux cents hommes vivants et treize femmes dont la Reine, Izaro. Aucun ne peut vieillir ni attraper de maladie, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont immortels. Ils sont dans l’incapacité de se reproduire et plus encore les hommes de jouir. Le centre de Sehir est le Réservoir de Sajuta qui est presque vide depuis la catastrophe et qui ne se remplit que d’émotions fortes (principalement fournies par la jouissance des femmes nobles qu’il reste et par la crainte des dunants). Certains nobles de Sehir peuvent aller sur Nyka et tentent de recharger le réservoir avec les émotions des hommes.

Ce contexte étant mis en place, on découvre deux personnages qui deviendront au fil des pages très attachants. Calix vient de Sehir. Sofia est de Nyka. Tous deux sont des êtres au passé trouble, douloureux et incertains, mais si différents et complémentaires à la fois. Sofia est écrivain et vit l’existence de ses personnages ce qui lui donne une grande puissance au niveau de l’émotion. La jeune femme devient synonyme d’espoir pour Sehir ! Voilà qui aurait pu être une romance mêlant une intrigue sur la survie d’un monde et une autre sur le passé et l’avenir de ces personnages… Cependant, l’auteur ne s’est pas arrêté là ! Si Sofia et Calix sont des personnages principaux, on s’aperçoit au fil de la lecture qu’ils ne sont pas seuls. Et la romance frappera une nouvelle fois… néanmoins, je n’en dirais pas plus !

Le réservoir de Sajuta est un texte promouvant la bienfaisance de la différence principalement représentée par Calix et Sofia, mais aussi l’importance du pardon et la vision d’un avenir heureux sans ressasser le passé. Ce sont des petites phrases, des situations que les personnages devront surmonter, des actes qui m’ont permis de comprendre ces concepts et j’espère ne pas m’être trompée sur le désir de l’auteur en écrivant ce roman où règne l’amour. Ce dernier sentiment est capable de détruire des barrages, balayer les horreurs du passé et bâtir un avenir généreux et bénéfique pour tout un peuple. On assiste à la reconstruction d’un peuple, d’un monde et aussi d’hommes et de femmes individuellement.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture notamment dans le choix de l’auteur de ne pas se concentrer uniquement sur deux personnages même s’ils prennent beaucoup de place dans le récit et dans le cœur. Et j’ai pris plaisir à en tirer les leçons qui en découlent. L’espoir, l’amour, le pardon pourraient devenir des devises primordiales pour tous… À Sehir, ils l’ont compris même si des siècles ont dû s’écouler ! De plus, la plume de l'auteur est très agréable. Il m'a manqué quelques détails sur certaines situations, mais le roman aurait dû faire le double. Je comprend les décisions de l'auteur ! Un ultime mot sur la couverture dont les représentations et couleurs dévoilent un peu du roman !

Extrait
Calix avait assisté à leur conversation sans la moindre gêne, mais pas sans émotion.
Sofia était un véritable saju, le plus infime sentiment était amplifié et diffusé autour d’elle. Même si les humains n’avaient pas cette sensibilité aussi important que lui, le dénommé Batiste en percevait la plus grande part.
Toutefois, en entendant certaines de ses réponses, en le voyant réagir, Calix savait que l’homme se méprenait parfois sur l’origine du trouble de Sofia.
Les deux femmes du restaurant avaient déjà parlé de la mort de son compagnon et Calix percevait quelque chose d’étrange dans la réaction de Sofia à ce sujet. Même s’il ne savait pas en quoi, il était persuadé que son entourage se trompait sur les raisons de son malaise.
Richard. Victor.
Ces deux hommes déclenchaient en elle des émotions violentes et pourtant différentes. Il avait senti une sorte de tendresse, de douceur vis-à-vis du second, alors que le premiers éveillaient des sentiments si forts et si réprimés qu’il en percevait l’intensité au lieu d’en discerner la nature.

le réservoir de sajuta

 

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