TITRE : Igor à l’étroit
AUTEUR : Jean-Baptiste VEBER
EDITIONS : 5 sens

Résumé

Igor à l’étroit, c’est l’histoire d’un enfant qu’on suit depuis le ventre de sa mère jusqu’aux prémices de son adolescence. Garçon au caractère bien trempé, il découvre avec appétence le monde extérieur. La réalité qu’il appréhende peu à peu est pour lui source de passions mais aussi de frustrations quant aux limites que lui impose l’univers des adultes. Il échappe à ce tiraillement par les voies de l’imaginaire et en se constituant une rationalité propre.

Mon avis

Je remercie l’auteur pour sa confiance en me faisant parvenir son roman. J’ai mis quelques mois avant de trouver un moment pour m’y plonger, mais j’ai réussi…

Je ne saurais qualifier le genre littéraire d’Igor à l’étroit ! C’est un roman. Une sorte de témoignage des plus original puisque le protagoniste principal est un enfant : d’avant sa naissance jusqu’à ses 10 ans environ. L’auteur a employé une narration externe avec la troisième personne ce qui donne une sorte d’analyse de l’enfance.

L’auteur nous amène par toutes les phases de l’enfance en se mettant à la place de l’enfant. Ainsi, nous découvrons Igor qui, de mon point de vue, n’est pas un enfant si facile que ça. Bébé, il impose plus ou moins sa loi en refusant de dormir le soir et ce jusque, parfois, au milieu de la nuit. En même temps, on ne peut pas plaindre les parents qui laissent faire leur enfant… Enfin, jusqu’à ce qu’une personne extérieure leur en fasse la remarque. Et là, c’est le drame pour Igor ! Pourquoi ses parents ont-ils écouté cette personne ? Igor va devenir grand frère (sans trop de jalousie d’ailleurs et j’ai trouvé les moments avec son petit frère souvent mignons). Il ira à la garderie, puis à l’école. Il se fera des amis, souvent au caractère diamétralement opposé, mais qui intriguent Igor. Pendant un moment, je me suis demandée si l’enfant n’était pas schizophrène puisqu’il entendait des voix qui lui disaient quoi dessiner. Car Igor a une période « artiste », encouragée par sa maîtresse d’école, jusqu’à ce que – le drame – il doive se mettre dans le même rang que les autres enfants et travailler en classe.

Bref, on passe par ces étapes du point de vue de l’enfant. On peut s’apercevoir qu’en effet, parfois, en tant qu’adulte, nous ne faisons pas les choses de manière très juste. Nos décisions contestées par les têtes blondes trouvent une certaine logique. Igor s’affirme, a du caractère, mais c’est aussi un enfant très observateur. La maturité qu’il s’en dégage parfois peut être dérangeante aux yeux de l’adulte lecteur. Je ne saurais dire pourquoi…

Concernant la plume, l’auteur a une écriture fluide. Quelques passages m’ont paru longs, cependant, je dois avouer que ce type d’ouvrages ne fait pas partie des genres littéraires que j’ai l’habitude de lire. J’ai voulu tenter lors de la proposition de l’auteur, car en tant que maman et assistante maternelle, j’étais curieuse de découvrir ce texte avec les yeux d’un enfant. C’est chose faite. Je ne regrette pas malgré le temps mis pour le lire !

Extrait :
Parmi les insectes qu’Igor affectionnait, on trouvait fourmis, chenilles, coccinelles. Mais il portait une amitié toute particulière aux papillons, qu’il découvrit plus tard que les autres, à l’occasion de son quatrième printemps.
Un jour qu’il était absorbé par la contemplation d’un rhododendron, un papillon aux ailes bleutées, tachetées de rose, s’éleva gracieusement au-dessus de la végétation. Ses ailes battaient l’air avec souplesse, régularité. Ce fut pour Igor une illumination. D’un geste instinctif, il chercha à saisir la merveille, mais tel un nageur aérien, le papillon se mit à battre plus fortement des ailes et prit une hauteur soudaine. Puis il reprit sa gracieuse déambulation.

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