TITRE : « 96 » la sixième corde
AUTEURS : Caroline et Benjamin KARO
Auto-éditions

Résumé

Certains matins, la vie vous laisse sacrément seul. Seul devant vos choix, avec vos doutes, face à l'avenir et, parfois pire, confrontés à votre histoire. Qu’avais-je décidé cette nuit-là ? Difficile de le dire…, mais je savais que j’avais une semaine pour évacuer douze années de mon passé, une semaine à vivre sans modération, une semaine pour préparer mon futur avec Emma. L’heure était venue de faire une valise, pleine de mes trois meilleurs amis, de Doliprane et de la bande originale du plus capital des road trips de ma vie.

Mon avis

Je remercie Benjamin KARO de m’avoir contacté pour lire ce roman et ce fut un réel plaisir que d’échanger avec lui. Je leur souhaite d’ailleurs, à lui et sa sœur, une très très belle continuation pour la suite !

J’ai lu des chroniques de lecteurs sur cet ouvrage et certains l’ont comparé à Very Bad Trip ! Bon, que dire… ma culture cinématographique étant ce qu’elle est, j’avoue n’avoir jamais vu ce film, donc, il n’y aura aucune comparaison pour moi ! Personnellement, j’ai rencontré quatre supers potes, le genre de copains prêts à aller au bout du monde pour un seul d’entre eux, une amitié tellement forte qu’elle en est touchante.

Arnaud est en couple avec Emma et vit à Londres. Arrive la période des questions, de l’engagement mais pour aller de l’avant, tous deux décident de faire un tour de leurs ex afin d’être sûr, d’avoir le mot de la fin sur ces relations, et surtout ne n’avoir aucun regret. Bon, personnellement, je n’aurais jamais eu ce genre d’idées mais, bon, c’est l’occasion pour Arnaud de partir avec ces trois meilleurs copains : Vincent, le beau gosse riche comme Crésus, Eni l’indien zen jamais à court d’idées plus tordues les unes que les autres afin de faire fortune, et Romain, dit « le caresseur de mains », amoureux malheureux et transit… Et c’est parti pour nos quatre compères pour une tournée en France de Marseille à Paris en passant par Lyon et autres, le tout arrosé de fêtes, d’alcool et de sexe.

Dans ce texte, j’y ai vu une remise en question d’Arnaud. En rencontrant ses ex, il se rend compte de certaines choses : son amour pour Emma n’est pas feint, il est prêt à s’engager, et ses ex étaient loin d’être parfaites même si quelques fois il lui est difficile de résister à la tentation. Mais cette quête a un double sens et prend une tournure à laquelle Arnaud ne s’attendait pas : le lien d’amitié voire même de fraternité va être mis à dure épreuve…

L’écriture de ce roman est propre, bien conçue. Mais âme sensible, ne soyez pas choqués par le langage de ces messieurs ! Pensez bien que quatre mecs ensemble ne vont pas employer des tournures élégantes pour parler des femmes qu’ils rencontreront… D’ailleurs, au risque de vous décevoir, le Prince charmant n’existe pas ! Et bravo aux auteurs de ne pas avoir eu peur de nous décrire les scènes avec réalisme sans arrondir les angles ! Les insultes et la grossièreté fusent mais il doit être très rare de rencontrer 4 potes bourrés qui ont un langage soutenu…

J’ai bien apprécié cette lecture qui me change beaucoup du genre auquel je suis habituée. Derrière les soirées arrosées et les tentations, il y a une révélation pour Arnaud. Il aime ses potes et est prêt à beaucoup pour eux (d’ailleurs j’ai beaucoup aimé les liens de la fin du roman qui souligne cette tendresse entre eux derrière une apparence de mecs machos et sans sentiment), puis il aime Emma mais… chut la suite au prochain épisode. La fin nous promet un second tome tout aussi réjouissant et révélateur. Où Arnaud et ses copains vont nous mener ? Je n’en sais rien mais je suis sûre que ces quatre larrons vont encore me faire rire et me donner l’envie de tirer quelques oreilles !

Extrait
On nous conduisit à notre table et je pris place en face du sourire de ma compagne du soir.
- Quel cadre ! lançai-je.
- Il fallait bien ça, pour nos retrouvailles.
Les hostilités étaient lancées. Je savais très bien que, lors de cette soirée, chaque phrase, chaque mot aurait son poids, sa portée et son double sens.
Nos retrouvailles, donc… Avec, en filigrane, le fait que j’aie esquivé astucieusement ses dix dernières propositions de rendez-vous et le fait que je sois revenu de moi-même vers elle, comme une fleur.
- Ça fait combien de temps… ? Quatre ans ? Et j’ai l’impression de t’avoir quittée hier.
Moi aussi, je savais jouer du double sens. Et quitter voulait bien dire quitter.
Je poursuivis pour mettre fin à cette introduction un peu pesante.
- Tu vis toujours en centre ville ?
- Oui, dans le même appartement.
- Le meuble télé a dû finir par craquer sous le poids des DVD, non !?
- Je suis passée au téléchargement, sourit-elle.
J’hésitai, mais, après tout, je devais savoir où je mettais les pieds cette fois-ci. Je devais garder un certain contrôle sur la tournure que pouvaient prendre les évènements.

la sixième corde